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Léon XIV en France : que pourrait susciter cette visite en nous ?

il y a 11 minutes
4 min de lecture

Le pape Léon XIV est en France.

Il y a les foules, les drapeaux, les journalistes, les discours. Il y a les célébrations, les rencontres et ces images venues de Notre-Dame, de Lourdes ou de Metz que nous regardons avec émotion. Il y aura les paroles qui nous toucheront, celles que nous partagerons sur les réseaux sociaux, les analyses, les commentaires… et les petites phrases que l’actualité finira par emporter.

Mais, au milieu de cette effervescence, j’aimerais que nous nous arrêtions un instant. Que nous fassions silence. Et que nous nous posions cette question toute simple : Que pourrait susciter cette visite en nous, chrétiens de France ?

Car un pape peut traverser un pays sans que rien ne change vraiment dans nos vies. Nous pouvons applaudir son passage, écouter ses homélies, nous réjouir de voir les églises pleines, les avenues bondées… puis reprendre exactement la même route. Mais nous pouvons aussi accueillir cette visite autrement : comme un appel à revenir vers le Christ pour certains, à reprendre courage pour d’autres, ou à avancer au large pour ceux qui sentent qu’ils ne peuvent plus rester sur le rivage.


Pape Leon XIV en France

Que sommes-nous devenus, pèlerins d’espérance ?


En 2025, toute l’Église avait reçu cette invitation : devenir des pèlerins d’espérance.

Ce blog est d’ailleurs né de cet appel. Il est né de la conviction que l’espérance chrétienne n’est pas destinée à rester enfermée dans nos églises, nos prières ou nos discours. Elle doit prendre chair. Elle doit avoir nos mains pour servir, nos voix pour relever, nos pas pour rejoindre et nos vies pour témoigner. Elle doit entrer dans nos maisons, traverser nos lieux de travail, habiter nos familles et rejoindre nos quartiers. Elle doit tenir jusque dans nos blessures, nos fatigues et nos découragements.


Car notre monde ne manque pas seulement de discours sur l’espérance. Il cherche des raisons d’espérer. Il cherche des hommes et des femmes capables de croire encore lorsque tout semble inviter au renoncement. Il cherche des personnes chez qui l’espérance est devenue une manière de regarder, d’aimer, de choisir et de vivre.


Nous, chrétiens, sommes porteurs de cette espérance. Il ne s’agit pas d’un optimisme naïf qui répéterait que tout finira forcément par s’arranger. Notre espérance a un visage : Jésus Christ, mort et ressuscité. Voilà ce qui nous fait vivre. Voilà ce que le monde devrait pouvoir pressentir en nous regardant vivre.


Le Jubilé s’est achevé. Les portes saintes se sont refermées. Mais l’appel, lui, ne s’est pas refermé avec elles. La venue de Léon XIV en France nous offre peut-être l’occasion de nous demander honnêtement : Qu’avons-nous fait de l’espérance qui nous a été confiée ?


Pierre vient affermir ses frères


Il y a quelque chose qui me touche profondément dans la visite d’un pape. Bien sûr, c'est le chef de l’Église catholique et le chef de l’État du Vatican. Il y a le protocole, les rencontres officielles et les discours. Mais derrière tout cela, il y a Pierre. Pierre, cet homme fragile à qui Jésus a confié la mission de confirmer ses frères dans la foi :

« J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »Luc 22, 32

Deux mille ans plus tard, lorsque le successeur de Pierre vient à notre rencontre, nous pouvons accueillir sa visite comme une invitation à nous laisser, nous aussi, affermir dans la foi. Parce que nous en avons besoin. Nous avons besoin d’être affermis lorsque croire devient difficile. Lorsque nous ne savons plus quelle place notre foi peut prendre dans une société qui semble parfois ne plus la comprendre. Lorsque nos communautés nous déçoivent. Lorsque l’Église nous blesse. Lorsque nos propres incohérences nous découragent et que nous ne nous sentons plus dignes de témoigner. Nous avons besoin que quelqu’un nous rappelle que nos fragilités n’annulent pas l’appel de Dieu. Pierre lui-même n’a pas été choisi parce qu’il ne tombait jamais. Il a été appelé à affermir ses frères après avoir connu sa propre faiblesse et s’être laissé relever par le Christ.


La visite de son successeur peut donc réveiller en nous la certitude que le Christ est vivant. Il ne s’est pas lassé de son Église. Il ne s’est pas lassé de nous !


Rendre visible l’espérance qui nous habite


Dans sa première lettre, Pierre écrit :

« Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous. »1 Pierre 3, 15

L'espérance nous a été donnée. Mais il nous appartient de la laisser transformer notre manière de vivre. Comment parler d’espérance si nous entretenons constamment le découragement autour de nous ? Comment annoncer la miséricorde si nos communautés ne laissent aucune place à ceux qui reviennent de loin ? Comment proclamer que le Christ est vivant si notre foi ne change rien à notre manière d’aimer, de travailler, de pardonner ou de regarder celui qui ne pense pas comme nous ?

Rendre compte de notre espérance c’est laisser entrevoir, au cœur même de nos fragilités, Celui sur qui repose notre confiance. Car, oui, nous traversons les mêmes épreuves, les mêmes doutes et les mêmes nuits que les autres. Mais nous les traversons avec la certitude qu'aucune obscurité n’est hors de portée de la lumière du Christ. Notre espérance devient alors visible dans notre manière de vivre, de tenir bon, d’aimer et de recommencer.


Que cette visite ne reste pas seulement un beau souvenir, qu'elle ravive en nous le désir de suivre le Christ et nous donne l’audace de vivre pleinement l’espérance reçue.

Nous étions pèlerins d’espérance en 2025. Nous le sommes encore. Alors, (re)mettons-nous en route !


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