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La lumière a brillé, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée

Chers pèlerins,


Avant toute chose, je vous souhaite une très belle et sainte année 2026. Qu’elle soit une année où la lumière reçue trouve en chacun de nous un espace pour demeurer, s’enraciner et porter du fruit.


Il me semble aujourd’hui nécessaire de prendre, avec vous, un temps de relecture de ce que nous avons vécu durant l’Avent et Noël 2025. Relire le passé aide à éclairer le présent afin d’orienter le pas suivant. Car ce que Noël a déposé en nous — ou ce que nous avons manqué d’y recevoir — donne déjà le ton à ce qui s’ouvre devant nous.


Si je n’ai pas partagé de réflexion durant le temps de l’Avent et de Noël, ce fut pour des raisons personnelles, certes, mais surtout parce que l’actualité, les débats et les crispations autour des signes chrétiens m’ont conduite à une contemplation plus dépouillée : celle d’un Dieu présent, aimant, offert au monde… et pourtant si souvent contesté, tenu à distance, nié. Les débats autour de la présence des crèches dans les mairies n’en sont qu’un symptôme. Comme si l’on pouvait effacer l’Incarnation par une décision administrative. Comme si la réalité de Dieu dépendait de nos choix humains.

Dans le même temps, nous l’avons encore constaté cette année : le folklore de Noël prend une place toujours plus grande, tandis que le sens spirituel s’amenuise. La fête devient anticipation, consommation, saturation. Les chants de Noël résonnent dès le mois de novembre, alors que le temps de l’Avent n’a même pas commencé. Il faut alors une véritable vigilance intérieure pour demeurer dans l’attente, pour ne pas se réjouir trop tôt, pour ne pas perdre de vue ce que nous attendons vraiment.


Si cette relecture est nécessaire aujourd’hui, c’est aussi parce que nous nous apprêtons à entrer dans une nouvelle étape de notre vie chrétienne : le temps du Carême. Et la tentation est la même. Avant même d’avoir fait pénitence, les signes de Pâques s’imposent déjà. Comme si l’on cherchait à éviter la traversée du désert, à contourner le dépouillement, à rejoindre la fête sans emprunter le chemin intérieur qui y conduit.

Cet article se veut une exhortation à ne pas nous laisser distraire, à ne pas laisser les éléments extérieurs nous détourner de l’essentiel, à garder le regard tourné vers le Christ et à vivre cheminement intérieur vrai.


À Noël, la Lumière s'est révélée aux nations


A noël La lumière s'est donnée

 

Depuis toujours, l’homme cherche la lumière. Quand la nuit tombe, il éclaire, il allume des feux, il célèbre ce qui brille. Cette quête traverse les âges et les cultures. Elle dit quelque chose de profondément humain : le refus de se résigner aux ténèbres, le désir que la vie ait le dernier mot. La célébration de la lumière n’est pas née avec le christianisme. Mais le christianisme lui a donné tout son sens : la lumière que l’homme cherche est venue à sa rencontre. Elle ne s’est pas contentée d’éclairer de loin ou d’inspirer les sages. Elle a pris chair. Elle a habité nos nuits.

 

L’Écriture l’affirme :

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9,1).

Et saint Jean le redit avec force :

« En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée » (Jn 1,4-5).

 

Alors une question demeure : quelle lumière avons-nous célébrée ? Pour quelle lumière avons-nous pris le temps de nous arrêter, de nous rassembler, parfois en famille ?Pour quelle lumière nous sommes-nous émerveillés ?  Quelle lumière avons-nous réellement accueillie : celle qui brille à l’extérieur, ou celle qui demande à transformer l’intérieur Avons-nous rencontré une Présence, ou avons-nous rempli ce temps de gestes et de symboles qui, aussi beaux soient-ils, restent éphémères ?

Au-delà des discours sur la désacralisation, voire sur la re-paganisation de Noël, qui consiste à revenir à une célébration de la lumière détachée du mystère de l’Incarnation,

une certitude demeure pour nous, chrétiens : la Lumière que nous célébrons a un nom, un visage, une histoire. C’est Jésus Christ, la lumière des hommes.


Au désert, la Lumière brille toujours


Relire Noël ainsi éclaire aussi le temps dans lequel nous entrons. Car la tentation du folklore ne s’arrête pas aux portes de la Nativité. Elle se glisse aussi sur le chemin qui conduit à Pâques. Là encore, tout semble vouloir nous faire éviter l’essentiel : le temps de la pénitence, du silence, du dépouillement. Comme s’il était possible d’atteindre la Résurrection sans accepter la Croix. Comme si l’on pouvait célébrer la vie nouvelle sans passer par cette traversée intérieure où l’homme accepte de se laisser rejoindre dans sa vérité.


Oui, comme à Noël, hélas, il est possible de vivre les rites sans se laisser toucher par le mystère qu’ils portent, d’accomplir les gestes sans ouvrir le cœur, de respecter les formalismes sans entrer dans la transformation qu’elles appellent.


Or Jésus nous avertit avec simplicité :

« Est-ce que la lampe est apportée pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ? » (Mc 4,21)

La Lumière reçue à Noël n’est pas faite pour être cachée, étouffée ou reléguée dans un coin de notre vie spirituelle. Elle n’est pas donnée pour un temps, mais pour éclairer notre marche. Le Carême est précisément ce temps où il nous est demandé de veiller à ne pas l’éteindre, à ne pas la recouvrir sous le poids des habitudes, de la dispersion ou d’une foi vécue en surface.


Entrer en Carême, c’est choisir de protéger cette Lumière. C’est refuser les distractions qui la fragilisent. C’est consentir à ce qu’elle éclaire aussi nos zones d’ombre, nos résistances, nos fragilités. Car ce temps nous est donné pour une rencontre renouvelée avec Jésus Christ, Celui qui, dans la prière, le partage et la pénitence, vient affermir en nous la foi, raviver l’espérance et dilater la charité.

Alors ne laissons pas s’éteindre ce qui a été allumé. Laissons cette Lumière reçue à Noël grandir, se purifier, s’enraciner. Mettons-la sur le lampadaire, afin qu’elle éclaire nos pas et, à travers nous, ceux des autres.


Pour rendre ce chemin concret, pour ne pas le vivre seul, une retraite de Carême en ligne est proposée à celles et ceux qui désirent grandir dans cette dynamique de foi vécue en vérité : 👉 Grandir dans la foi, l’espérance et la charité.


Car la lumière a brillé.

Et elle brille encore.

Et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.



Carême : Grandir dans la Foi, l'Espérance et la charité



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